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On vous explique tout sur le vin "En Primeur"

Posons le décor : les Primeurs, c'est un mode de vente où vous achetez un vin avant qu'il ne soit en bouteille.
Le vin est encore dans son fût, il finit son élevage en chai, alors que vous l'avez déjà payé.
Vous attendrez 18 à 24 mois avant de le voir livré chez vous.
Ce système anime la place bordelaise depuis des décennies, et c'est devenu LE rendez-vous mondial du vin chaque printemps.


Au sommaire : 



D'où ça vient ?
L'histoire, la vraie (avec de l'inédit)

Oui, c'est né à Bordeaux.
Mais pas que…

La pratique d'acheter du vin avant qu'il ne soit fini existait dès le Moyen Âge.
L'exemple le plus parlant se trouve effectivement à Bordeaux.
On vous raconte…

Ferronnerie d'un marchand de vin en 1901 à Paris, 5e arrondissement

Carte qui représente l'étendue de la principauté d'Aquitaine (sous influence anglaise) vers 1360,
Le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et Henri II en 1152 fût le point de départ,
ensuite la présence anglaise demeura 3 siècles.
La principauté est confiée au Prince noir (Édouard de Woodstock) en 1362.
En 1475, avec le traité de Picquigny, les Anglais renonce à la couronne de France.


Le point de départ reconnu, c'est à partir de 1152 : le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenêt (Roi d’Angleterre en 1154, connu sous le nom d'Henri II - Aliénor fera naître 8 enfants dont Richard Cœur de Lion)  fait basculer la Gascogne sous influence anglaise.

Les flottes marchandes anglaises prennent alors l'habitude de débarquer à Bordeaux chaque automne, dégustent les vins de la nouvelle vendange, financent souvent la récolte par avance, et repartent avec leur cargaison avant Noël. On parle de vins très jeunes, souvent pas terminés de fermenter.

L'ancêtre direct des Primeurs, le voilà : 800 ans plus tôt avec des Anglais qui ont soif (surtout de French Claret).


Après 300 ans de tutelle anglaise sur la Gascogne (1152-1453) les Anglais perdent la Guerre de Cent Ans à la bataille de Castillon (1453), ils se reportent alors sur d'autres sources comme la Bourgogne et le Portugal.

Bateau Rabelo transportant du vin sur le fleuve Douro
À Porto, on retrouve donc la même logique au 18e siècle, dans une version encore plus pointue.
Après le traité de Methuen signé en 1703, les taxes britanniques sur les vins portugais s'effondrent.

Des familles entières de marchands anglais et écossais s'installent sur les rives du Douro, construisent leurs entrepôts (les fameux lodges) à Vila Nova de Gaia, et achètent les vins jeunes directement aux producteurs portugais pour s'occuper eux-mêmes du vieillissement. Leur QG corporatif, la Factory House fondée en 1727, regroupait des noms qu'on connaît encore aujourd'hui : Cockburn, Croft, Graham, Sandeman, Taylor. À l'époque, acheter du Porto, c'était acheter à des Britanniques qui avaient pré-financé la récolte de paysans portugais.



Plus discrètement, sur le Rhin et la Mosel, les marchands de la ligue hanséatique pré-achetaient aussi des vins allemands. Mais surtout, ils importaient du Bordeaux ! Dès le 13e siècle, leurs Koggen faisaient la navette entre la Gascogne et la Baltique : la France envoyait son sel et son vin, l'Allemagne ramenait fourrures, ambre, et harengs salés. Les bordelais découvraient au passage que leur vin gagnait en complexité après la traversée, à tel point que les caves de Lübeck se sont mises à vieillir et revendre le vin français sous le nom de Lübecker Rotspon (=vin rouge en barrique), une tradition qui tient toujours.

Ferronnerie d'un marchand de vin en 1901 à Paris, 5e arrondissement

Les ornements de ferronnerie de la grille de ce marchand de vin représentent une grappe de raisin et un bateau. Le bateau marchand, symbole fort du commerce fluvial d'une époque où le vin transité par tonneaux.
©Eugène Atget, 1901 - Paris, 5e arrondissement - BnF, département des Estampes et de la photographie


Donc Bordeaux n'a pas inventé l'idée d'acheter à l'avance.

Cette idée traîne dans toute l'Europe viticole depuis le Moyen Âge.

Bordeaux a inventé la forme moderne, ritualisée, puis marketée.


Cette forme moderne qu'on connaît aujourd'hui est beaucoup plus récente qu'on ne le croit.
Né au 18e siècle avec le négoce bordelais (les négociants estimaient les raisins [=vente sur souche/pied], payaient d'avance, puis s'occupaient eux-mêmes de l'élevage et de la mise en bouteille), il s'est structuré dans les années 1970 et 1980, notamment grâce à l'organisation de dégustations professionnelles de grande ampleur. La fameuse semaine d'avril, les 6000 dégustatrices et dégustateurs qui débarquent à Bordeaux pour goûter les échantillons sortis directement des barriques, ça c'est récent. Quarante ans, à peine. Un bébé à l'échelle viticole.

Ferronnerie d'un marchand de vin en 1901 à Paris, 5e arrondissement

1. La place royale de Bordeaux, c'est au nord de l’hôtel de la Bourse que se négocient les prix,
et où s’installent des institutions du commerce - Dessin de l'architecte Ange-Jacques Gabriel - 1755
2. Gravure du port de Bordeaux au 18e siècle, centre dynamique du commerce maritime - Balthasar Friedrich Leizelt.



Comment ça a vrillé

Dans la version originelle, le deal était simple : vous achetiez à l'aveugle un vin pas fini, vous attendiez deux ans, et vous receviez votre cuvée à un prix nettement inférieur à celui qu'elle aurait sur le marché une fois finie.
Un pari sur l'avenir, un pari souvent favorable.

Le moment de bascule, c'est au printemps 2006.
Lors de la campagne primeur du millésime 2005, Haut-Brion sort en premier parmi les cinq premiers crus*, à un prix qu'on va vite trouver trop sage. Quand les notes tombent (100 points chez sept critiques majeurs), le vin s'envole sur le marché secondaire (= l'ensemble des reventes de bouteilles entre particuliers, cavistes, négociants et plateformes spécialisées après leur première mise sur le marché par le château). Et là, les châteaux comprennent : ils viennent de laisser filer des millions d'euros, encaissés à leur place par les négociants et les revendeurs qui empochent la plus-value. Le déclic.

Deuxième effet kiss-cool : 2008. C'est la criiiiise (financière).

Cette prise de conscience a été renforcée par l'afflux massif de spéculateurs après la crise.
Le vin Grand Cru devient un placement plus qu'une bouteille à boire.

Voilà, les prix de sortie s'envolent.
La logique du "moins cher En Primeur" part en vrille.
Pour beaucoup de millésimes récents, vous payez aussi cher, voire plus, que le millésime fini déjà disponible chez votre caviste. Le côté affaire prend un coup dans l'aile.


🍷 Les cinq premiers crus classés en 1855

  • Château Lafite Rothschild (Pauillac)
  • Château Latour (Pauillac)
  • Château Margaux (Margaux)
  • Château Haut-Brion (Pessac-Léognan)
  • Château Mouton Rothschild (Pauillac)


Petite parenthèse : en 1855, ils n'étaient que quatre. Mouton Rothschild était classé "second cru". Il a fallu 120 ans de bataille au baron Philippe pour faire reclasser son château en "premier". Ça a payé en 1973 : signature de Jacques Chirac, alors ministre de l'Agriculture.

Avant 1973

« Premier ne puis, second ne daigne, Mouton suis. »

Après 1973

« Premier je suis, second je fus, Mouton ne change. »



La crise actuelle 


En ce moment, les Primeurs sont en pleine tempête.

Lors de la campagne 2023, Jean-Valmy Nicolas, du Château La Conseillante, l'a déclarée de :

 

Pire campagne en 30 ans pour l'un des cinq meilleurs millésimes.


La campagne suivante, celle du millésime 2024 (tenue au printemps 2025), a vu Lafite Rothschild, Angélus, Cheval Blanc baisser leurs prix d'environ 30% par rapport à l'année précédente, retournant à des niveaux de sortie qu'on n'avait pas vus depuis au moins une décennie. Et même comme ça, les ventes en En Primeur se sont retrouvées environ 60% sous le niveau de l'année précédente selon Liv-ex, la grande place de cotation des vins fins.

Ça donne un Château Lafite Rothschild 2024 proposé chez certains à 336 € la bouteille, soit environ un tiers de moins que le 2023 et la moitié du prix du 2022. Du jamais vu depuis quinze ans.

Cette dégringolade pour plusieurs raisons : déjà les acheteuses et les acheteurs ne font plus confiance. La faute à trop d'années où le primeur s'est révélé moins intéressant que d'attendre la sortie classique. Et puis, le marché secondaire en berne. Ce que pointait le négociant Philippe Tapié dans Vitisphère : trop de seconds, troisièmes, quatrièmes vins balancés En Primeur pour des questions d'ego. 

  

Edouard Moueix, l'un des plus gros distributeurs bordelais,
le formulait ainsi en avril 2025 :

   

Si la campagne Bordeaux 2025 n'est pas un succès,
le primeur est mort.

   

Ambiance, ambiance.


D'autres régions s'y mettent
(et le système s'exporte)


Si le principe semble avoir besoin d'un renouveau sur Bordeaux, les Primeurs séduisent d'autres places…

🇫🇷 En France

La Bourgogne propose désormais des primeurs sur certaines appellations (Beaune 1er Cru, Volnay, Aloxe-Corton, Meursault), via des maisons comme Bouchard Père et Fils, Faiveley, Jadot, Drouhin, William Fèvre.
La vallée du Rhône, le Sud-Ouest, l'Alsace, et même la Champagne s'y mettent peu à peu.


🌍 À l'international

La mécanique a été reprise par le biais de la Place de Bordeaux elle-même. Les grands négociants bordelais distribuent aujourd'hui plus de 150 vins venus d'ailleurs, sortis chaque automne dans une "campagne hors Bordeaux" devenue le deuxième temps fort commercial de l'année.

    

• Italie : Masseto (toscan, depuis 2009), Solaia, Tignanello, Le Pergole Torte, Testamatta.
• Napa Valley (États-Unis) : Opus One (depuis 2004), Joseph Phelps Insignia, Continuum, Promontory.
• Chili : Almaviva (depuis 1998), Seña, Don Melchor, Clos Apalta.
• Argentine : Cheval des Andes (joint-venture Cheval Blanc), Catena Zapata. 

On peut aussi en trouver en Espagne, Afrique du Sud, Australie, Autriche, Chine… 
La liste s'allonge chaque année.



Comment bien acheter 
En Primeurs ?


Rentrons dans le concret.
Maintenant que vous comprenez le système des Primeurs, on vous propose 6 points pour bien vous préparer.


1. Vérifiez que c'est vraiment intéressant 

Une bonne base c'est de comparer le Primeur que vous convoitez avec ses grands frères déjà finis.
Sauf que ce n'est pas si simple : les Primeurs sortent parfois plus chers que les millésimes précédents.

Quelques exemples qui piquent :

Château Pichon Longueville Baron 2010 est sorti à 185 € TTC en primeur.
Le millésime 2000 était sorti à 61 €. Trois fois plus cher, dix ans après.
Pontet Canet 2010 : 138 € en primeur. Le 1996 : 23 €. Six fois plus cher.
La Mission Haut-Brion 2010 est sorti 13% au-dessus de son 2009, lui-même déjà très cher.


Trois raisons valables pour justifier des écarts possibles :

﹅ un millésime jugé exceptionnel par les critiques,
﹅ des volumes faibles à cause du climat,
﹅ l'inflation.


Trois raisons beaucoup moins valables (=méfiance !) :

✘ le label "millésime du siècle" (qu'on entend annoncer presque chaque année 🫢 : 2009, 2010, 2015, 2016, 2018, 2019 et 2022 ont tous eu ce label, faites le compte),
✘ la pression spéculative liée à un marché émergent (cas du marché chinois en 2009-2011),
✘ le "théorème de la place de Bordeaux" qui veut que chaque nouveau millésime soit positionné au-dessus du précédent par principe.


🕳️ Le piège : un grand millésime ne devient pas forcément un bon investissement.
Selon l'indice WD Bordeaux 100, le millésime 2010 n'a progressé que de +2% en 10 ans.
La Mission Haut-Brion 2010 a même perdu 20% de sa valeur.
Le label "grand millésime" n'est donc pas une garantie de plus-value.


Avant d'acheter :

✔︎ Comparez le primeur avec au moins 5 millésimes du même château
✔︎ Croisez au moins 3 sources critiques sur la qualité réelle (Decanter, Wine Advocate, James Suckling, La Revue du Vin de France, Liv-ex...)
✔︎ Méfiez-vous du label "millésime du siècle".
✔︎ Posez-vous la question : est-ce que la hausse de prix est justifiable et acceptable ?

En bref, si le primeur est plus cher que les millésimes finis, recherchez pourquoi.
Une vraie différence de qualité ? De rareté ? Tant mieux, c'est sûrement une opportunité. 
Juste un argument commercial ou spéculatif ? Laissez tomber, achetez du fini.


📱 À notersur les fiches Observintoire de PLOC, nous affichons les prix du marchand Millésima, qui est partenaire.
Notre souhait est de réunir plus d'offres afin de vous permettre de comparer d'un coup d'œil. Vous pouvez invitez vos marchands préférés à nous rejoindre en vous rendant dans l'app Menu général > Services > Dans ton PLOC

 

2. Choisissez votre intermédiaire avec soin

Vous vous apprêtez à acheter un vin qui n'existe pas encore vraiment, à un vendeur qui devra vous le livrer dans deux ans.
À ce niveau, la fiabilité, c'est non négociable !
Privilégiez des acteurs du vin établis (comme Millésima) ou les cavistes qui ont des allocations directes (= un quota de bouteilles que réserve le château lui-même).
Vérifiez si une caution bancaire est proposée : BNP Paribas en propose via certains marchands au-delà de 1800 € d'achat, ce qui vous assure le remboursement intégral en cas de non-livraison.


3. Renseignez-vous sur l'année

Tous les millésimes ne se valent pas, et les Primeurs ne dérogent pas à la règle.
À creuser avant d'acheter :
• 🌦️ La météo de l'année. Pluie, gel, grêle, canicule, mildiou… Tout ça se v(b)oit dans la bouteille deux ans plus tard.
Un printemps gélif comme 2017 ou 2021, ça réduit les rendements et peut hétérogénéiser les vins. Une fin d'été pluvieuse comme 2013, ça dilue. Une canicule comme 2003, ça déséquilibre.
Les rapports techniques des CIVB (Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux) sont gratuits et accessibles.
• 💯 Les notes des critiques une fois la semaine des Primeurs passée. Decanter, Wine Advocate, James Suckling, La Revue du Vin de France, Jane Anson, le rapport Liv-ex : croisez au moins trois sources avant de vous lancer. Méfiez-vous des avis isolés, ou des avis qui semblent "sponsorisés".
• 💖 La réputation historique du château : La régularité d'un domaine sur 20 ans est un super indicateur.


 4. Diversifiez (visez aussi les seconds vins)

Panachez sur plusieurs châteaux, plusieurs appellations (Pauillac, Saint-Estèphe, Saint-Émilion, Pomerol, Pessac-Léognan...), et surtout plusieurs niveaux de gamme. Les seconds vins des grands crus sont une excellente porte d'entrée : Les Forts de Latour, Pavillon Rouge du Château Margaux, Le Petit Cheval, Carruades de Lafite, Le Clarence de Haut-Brion. C'est souvent du même chai, dans une expression plus accessible, à 100 ou 200 € au lieu de 400-500 €.
Pensez aussi aux crus bourgeois du Médoc (Sociando-Mallet, Chasse-Spleen, Phélan-Ségur), qui offrent des rapports qualité-prix bien plus stables que les premiers crus En Primeur.


5. Pensez format dès l'achat

Le format influence la garde, le plaisir, et la revente éventuelle.
▪︎ Magnums et grands formats (jéroboam…) : vieillissent mieux et plus lentement, prennent plus de valeur sur le marché secondaire, parfaits pour les grandes occaz' ou la garde longue (20-30 ans).
▪︎ Bouteilles classiques (75 cl) : le format de réf', équilibré pour la garde et la consommation, facile à conserver dans les racks habituels.
▪︎ Demi-bouteilles : le réflexe est de dire "à éviter pour la garde longue", et c'est vrai pour les rouges, qui évoluent trop vite en petit format.
Mais c'est un format intéressant pour les liquoreux : Sauternes, Barsac, Coteaux du Layon, Tokaji… Le sucre les protège, ils vieillissent superbement même en 375 ml, et c'est le format idéal pour une bouteille qui se boit en petites quantités (foie gras, dessert). Yquem et d'autres proposent leurs Primeurs en demi-bouteille.

📝 À noter : Les châteaux annoncent les formats dès la sortie En Primeur, et certains formats partent vite. Si vous avez un projet précis dans quelques années (et une cave de garde), réservez le bon format dès la campagne Primeur.


6. Acceptez le bail


Rappel : Vous payez maintenant, vous recevez dans deux ans.
C'est un vrai bail, dans tous les sens du terme. Ne mettez En Primeur que de l'argent dont vous n'avez pas besoin. Et idéalement de l'argent que vous êtes prêt.e à voir bouger un peu en valeur (positivement comme négativement).


Anticipez aussi les coûts annexes, qui peuvent surprendre :

▪︎ Frais de livraison : pas inclus dans le prix primeur affiché. Comptez 20 à 70 € selon le volume commandé, à régler à la livraison effective deux ans plus tard
▪︎ Frais de stockage au chai du caviste, si vous demandez une livraison différée pour de meilleures conditions de conservation. Comptez environ 2 à 5 € par bouteille par an
▪︎ Assurance sur le stockage longue durée, parfois optionnelle, pertinente pour les très grands flacons
▪︎ Droits de douane si vous achetez depuis l'étranger (UK post-Brexit, Suisse, etc.)

⚠️ Petit point sur la TVA

Vous trouverez encore quelques sites qui affichent les Primeurs en HT à la commande, en annonçant que la TVA sera due à la livraison. Sachez que depuis le 1er janvier 2023, la loi française impose au négociant de collecter la TVA dès l'encaissement de votre paiement, pas à la livraison (alignement sur la directive européenne TVA).

En pratique, la plupart des sites affichent désormais en TTC dès la commande.
Si vous tombez sur un site qui propose encore l'ancien système, vérifiez bien les conditions générales avant de commander.


Faites votre vrai total avant de décider.
Et pensez aussi qu'une fois reçues, ces bouteilles vont occuper de la place dans votre cave pendant 10, 15, 20, 30 ans !
Si votre cave est déjà pleine, comptez aussi un budget stockage externe.


Et après,

Comment suivre vos vins 
quand vous ne les avez pas encore ?


Là, on arrive à la partie pas évidente.
Vous avez acheté. Le vin n'est pas chez vous, ne le sera pas avant deux ans, mais c'est déjà votre bouteille.
Comment vous y retrouver, surtout si vous avez fait plusieurs achats sur plusieurs millésimes ?

PLOC va être votre partenaire 🤝



Créez-vous une cave virtuelle 

Nommez là.
Par exmple "Primeurs + nom du marchand"

Vu que cette cave n'existe pas physiquement, vous êtes complètement libre de la dessiner dans PLOC comme bon vous semble.
Trois étages et quatres colonnes, des zones pour modéliser des caisses de 6… l'essentiel c'est qu'elle soit visuellement distincte de votre cave physique. Il faut la voir comme une zone tampon, une cave de transition.


Pour chaque achat

Créez la fiche du vin avec son millésime, son château, votre fiche achat avec votre prix, le marchant/négociant …
Indiquez la date de livraison prévue dans les notes.
Si le millésime n'existe pas encore dans la base PLOC (ce qui sera fréquent pour un primeur tout récent), créez un vin en attente avec les infos dont vous disposez. Vous pourrez compléter la fiche plus tard, quand les détails officiels arriveront et la lier à la fiche Observintoire (en tapant sur l'icône trombone).
Utilisez le champ tags pour noter "Primeur", cela peut vous servir pour une retrouver vos vins par la recherche 🔎 ou le filtre 🫗


À la livraison, vous transférez le vin 
dans votre cave physique

À chaque livraison, vous y déplacez les bouteilles concernées pour les ranger dans votre cave principale.
La cave Primeurs se vide à mesure que vos bouteilles arrivent chez vous, et vous gardez la trace complète à chaque étape : ce que vous attendez, ce qui arrive bientôt, ce qui est déjà rangé.


〰️ Déplacer une bouteille depuis la cave graphique

1. Tapez sur l'emplacement de la bouteille dans votre cave Primeurs.

2. Choisissez l'icône copier.

3. En haut au centre de l'écran, tapez sur le nom de la cave : sélectionnez la cave de destination.

4. Tapotez sur le nouvel emplacement choisi.

5. Choisissez l'icône déplacer (le cercle avec les 4 flèches).

Et voilà, votre bouteille a rejoint sa nouvelle cave.
Le fil de vie complet de votre bouteille vous attend en bas de sa fiche, dans activités récentes.

Soyons honnêtes, voir sa cave Primeurs se transformer en bouteilles bien rangées sur l'étagère, c'est aussi un petit plaisir.
Déballer un cadeau qu'on s'est offert deux ans plus tôt, c'est pas commun 💙 

  

  

Rappel :
Les Primeurs,
ça démarre en avril


Les événement à suivre :


Mi-avril La semaine de dégustations (5 000 à 6 000 professionnels et journalistes du monde entier)

Fin avril – mai Les critiques publient leurs notes

Mai – juin Les châteaux annoncent progressivement leurs prix de sortie (= la campagne), au compte-gouttes, château par château

Juin – juillet La campagne s'achève généralement (tous les châteaux ont sorti leurs prix)

18 à 24 mois plus tard Livraison des bouteilles




Les Primeurs, c'est un système avec une histoire passionnante, des dérives spéculatives, et un avenir qui tient à un fil (solide).
Pour vous, en tant qu'amatrice ou amateur, l'enjeu c'est de garder la tête froide. Acheter parce que vous aimez le vin, parce que le prix est vraiment bon par rapport au marché, parce que vous voulez goûter dans dix, 20, 30 ans, une bouteille que vous avez choisie aujourd'hui.

À vous de jouer ! 


   

Sources chiffres : 

Wikipédia (article Vin primeur) - iDealwine (Bordeaux, les primeurs : comment ça marche ? ; Primeurs 2010 : quelle stratégie pour les amateurs de grands bordeaux ?) ; Bordeaux : quels prix pour les primeurs 2014 ?) - WineDecider, indice WD Bordeaux 100 (référence professionnelle pour le suivi des cours) - Decanter (Bordeaux 2024 et 2025 En Primeur) - Liv-ex (rapport campagne 2024) - Wine-Searcher (Recriminations after En Primeur Failure) - JamesSuckling.com (Bordeaux 2024 Tasting Report) - Hospitality Net / Philippe Masset (Are Release Prices in Line with Market Value?) - The Drinks Business (Hors Bordeaux, déc. 2025) - Société Générale - Private Banking (Wine Banking) - Info-Vin (Achat sécurisé, garanties bancaires)

Sources sur l'histoire du commerce du vin en pré-financement : Archeologie-du-Vin - Inrap, frise chronologique du vin au Moyen Âge - Cult Wines, History of Bordeaux En Primeur - Algarve History Association - Philippe Masset, Bordeaux - Hospitality Net / EHL Hospitality Insights (juin 2025) - France Bleu (Faillite du site 1855)

• Sources générales (livres) : 

"Le vin, son hisoitre, ses terroirs" (édition Le Particulier) ; "Bordeaux et le vin, 2000 ans d'Odysée" de Aurélie Depraz ; "Atlas mondial du vin" de Hugh Johnson, "En défense des vins de Bordeaux" par Jean Le Gall, Jean-Luc Schilling, Jean-Paul Kauffmann (édité par Le Cherche-Midi).